Communauté Syriaque Orthodoxe de France (Religieux - Culturel - Historique)

 

 

 

 

 

 

 

 

Monastère de Safran - Dayro d'Zafaran (Mardin)

Fondé en 493 et situé à 6 km au sud est de Mardin le monastère de Safran ( Deir Zafaran ou Deyrul Zafaran ), qui tient son nom des plantes de Safran qui l’entouraient, fut la résidence des patriarches syriaques orthodoxes de 1293 à 1923. Après la proclamation de la République turque en 1923, le patriarche descendit en Syrie. Depuis 1959, le siège du patriarcat syriaque orthodoxe se trouve à Damas. Le monastère est aussi appelé Deiro d’Mor Hananyo ou encore Deiro d'Kurkmo

Le monastère de Mor Hananyo (St Ananie) est également connu sous le nom de Deir ez-Za`faran (arabe) - Dayro dKurkmo (syriaque) signifiant le "monastère de safran", à cause de la couleur jaunâtre de sa pierre ou bien encore à cause de la plante de safran abondante dans ses environs depuis le 15e siècle. Situé à 4 kilomètres au sud-est de Mardin, il est le plus accessible aux communautés syriaques orthodoxes survivantes dans le secteur.

Le monastère était auparavant un temple d’adoration du soleil. Les romains l’ont utilisé comme citadelle. Quand les romains se sont retirés de la région, saint Shlémon fit venir des os de saints et transforma la citadelle en monastère. Sa première fondation remonterait donc au Ve-VIe siècle aux jours d’Anastase (491-518), où le monastère prit le nom de Mor Shlémoun. Il fut refondé en l'an 793 comme siège épiscopal de Mardin grâce aux efforts de l’évêque de Mardin et de Kfartot, « Mor Hananyo » qui lui laissa son nom. Il fut abandonné et fondé une troisième fois en 1125 ap. J.-C.. De 1293 jusqu’en 1932, soit 640 ans, il fut le siège du patriarche syriaque orthodoxe. Depuis, le Patriarcat a été transféré à Homs (1933) puis à Damas (1959).

Un bâtiment rectangulaire étonnamment grand de trois étages qui, vu les différents modèles architecturaux, a été construit par étapes, avec des pauses fréquentes pour la restauration. L’état actuel du monastère remonte au 18e siècle. Le monastère peut être atteint en marchant une heure et demie de Mardin. A l’approche du monastère, vous notez quelques logements de caverne sur les collines de derrière. Dispersés autour sont les bâtiments ruinés de deux autres monastères qui n'ont pas survécu dans les temps modernes. Antiques mais encore intacts, les canaux de roche apportent l'eau des collines au monastère. Le portail d’entrée du monastère comporte une inscription en syriaque.

Au premier arrêt, se trouve une chambre forte souterraine, qui fut employée comme temple par des adorateurs du soleil il y a bien longtemps 2000 av. JC. Une fenêtre - maintenant bloquée - à l'extrémité orientale leur permet d'observer le lever du soleil, tandis qu'une place sur le mur méridional servait d'autel (probablement sacrificatoire). La chambre forte est recouverte par un plafond construit sans utilisation de mortier suivant l’art de l'auto-support.

La salle ci-dessus, à laquelle on accède à travers des portes énormes de noix vieilles de 300 ans, est une mausolée (sépulture beth qadishe), sur les murs de laquelle nous trouvons sept endroits de tombes : 3 pour les patriarches et 4 pour les métropolites syriens orthodoxes.

Ensuite, se déplaçant au-dessus d'ici, nous arrivons à la chapelle de Mor Hananyo (‘ito dqubtho) avec des voûtes fines décorées et un autel en pierre taillée (remplaçant un autel en bois détruit par l'incendie il y a cinquante ans environ), et le trône du patriarche ou du métropolite, sur lequel sont dessinés les noms de tous les patriarches depuis l’an 792. Les offices dans la chapelle sont célébrés en araméen/syriaque. Dans le sanctuaire, se trouvent deux trônes : un au nord pour le patriarche en bois de noix (vieux de 350 ans) et un autre en ivoire vieux de 500 ans pour l’évêque ; nous voyons également un autel taillé de bois de noix, et une mosaïque antique indique qu’il provienne de la grotte de Saint Pierre à Antakya (Antioche). L’église principale de Mor Hananyo daterait du VIe siècle mais fut restaurée à de nombreuses reprises, la dernière fois en 1942. L’église de la Vierge Marie est la première église du monastère. Elle fut restaurée partiellement au temps du patriarche Gewargis II (1686-1708). Ses trois autels faits à la main, en bois, remontent à l’an 1699.

En haut, à travers la cour paisible, nous trouvons les salles des invités du monastère (les gens visitant pour des raisons religieuses peuvent y passer la nuit) et une suite plus personnalisée réservée au patriarche pendant ses visites en provenance de Damas. Pour finir, à partir de la terrasse du toit, nous avons droit à de splendides vues du côté sud, donc de la Syrie. De là aussi, nous voyons les ermitages abandonnés de caverne et les ruines de deux églises monastiques: Mar Yakoub et Miryam Anna.